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 S’accrocher à la Sounna parmi la masse des musulmans

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MessageSujet: S’accrocher à la Sounna parmi la masse des musulmans   Mer 3 Fév - 23:06

S’accrocher à la Sounna parmi la masse des musulmans




L’Imâm Shâtibî (mort
en 790 H - env.1420 M) nous relate ici les difficultées qu’il a dû
affronter lorsqu’il se décida à s’accrocher rigoureusement à la Sounna
et à la voie des Salaf Salih dans un milieu qui n’y était pas propice...

Après avoir fait un bref exposé sur l’importance de s’attacher à la Sounna l’Imâm Shâtibî dit :

« J’hésitais
donc entre le fait de suivre la Sounna et par conséquent diverger des
habitudes de la majorité des gens, et ainsi vivre les mêmes problèmes
que ceux qui, de tout temps, ont contredit les coutumes établies
surtout si cette majorité prétend que ces coutumes sont la Sounna et
rien d’autre mais alors il m’aurait fallu supporter un poids
écrasant... mais pourtant quelle récompense m’attendrait auprès d’Allah
!

Et entre le fait de suivre la masse et par conséquent
diverger de la Sounna et des pieux prédecesseurs (Salaf Sâlih) et
m’introduire dans l’enceinte de l’égarement (qu’Allah me protège de
cela). Cependant, je serais en accord avec les coutumes, et on me
considèrerait comme un ami, non comme un ennemi.

Je me rendis
alors compte que périr en suivant la Sounna était la vraie délivrance,
et que les gens ne me seraient d’aucune utilité auprès d’Allah.

Je
me mis donc à appliquer la Sounna par étapes dans certaines choses...
et c’est alors qu’on aurait cru que la fin des temps était arrivée !
Les critiques se multiplièrent à mon égard, les flèches de la calomnie
me furent adressées, on m’affilia à l’innovation et l’égarement et je
fus classé parmi les idiots et les ignorants ! [...]

On dénigra
la voie que j’avais choisie d’une façon que tout coeur réprouve, et on
me classa parmi certaines sectes étrangères à la Sounna.. témoignage
qui sera écrit [par les anges scribes] et dont ils auront à répondre le
jour du jugement.

On m’accusa une fois d’avoir affirmé que
les invocations ne présentaient aucun bénéfice et n’étaient d’aucune
utilité - comme certains le prétendent à mon sujet - en raison du fait
que je ne pratiquais pas l’invocation collective à la fin de chaque
prière en tant qu’Imâm. Et la contradiction de cet acte avec la Sounna
et les pieux prédécesseurs (Salaf Sâlih) sera clarifiée plus loin.

On
m’accusa aussi de Rafidy [relatif au Chiisme Imâmites] et de haine pour
les Compagnons (qu’Allah les agrée), en raison du fait que je
n’invoquais pas Allah pour les Califes Bien Guidés dans le Sermon du
Vendredi en particulier, car cela n’était pas l’habitude des Salaf dans
leurs sermons, et aucun des savants reconnus ne l’a cité dans ses
sermons. [...]

On m’accusa aussi de permettre la révolte contre
les gouvernants, et cela pour la simple raison que je ne les citais pas
dans le sermon. Or citer les gouvernants durant le prêche est une
innovation, qu’aucun prédecesseur ne pratiquait.

On m’accusa
aussi d’extrêmisme et de rechercher la difficulté dans la religion, et
ce en raison du fait que je me contente - lorsque je réponds aux
questions et émets des fatwas - de suivre les avis reconnus du Madhhab
[Ecole de jurisprudence] sans en diverger, alors que de leur côté, ils
se permettent de le transgresser et émettent des fatwas qui facilitent
la vie à la personne concernée et correspond à ses passions, même si
c’est un avis marginal dans le madhhab ou dans un autre. Or les Imâms
parmi les savants sont contre ce genre de pratique. J’ai d’ailleurs
approfondi cela dans l’ouvrage Al Muwâfaqât.

On m’accusa aussi
d’être un ennemi des alliés d’Allah [Awliyâ Allah, saints ou élus], en
raison du fait que j’ai exprimé mon animosité envers certains pauvres
derviches innovateurs qui ont contredit la Sounna, s’auto-proclamant -
selon eux - guides des hommes, et j’ai parlé en public de certains
comportements de ces gens qui s’affilient aux soufis sans pour autant
leur ressembler.

On m’accusa aussi de diverger des Ahl Sounna
Wal Djamâ’ah (Les gens de la Sounna et du Groupe), et ces gens se
basent sur le fait que le Groupe que le Prophète nous a ordonné de
suivre - qui est le Groupe Sauvé - est la masse des musulmans, alors
qu’ils n’ont pas compris que le Groupe est la voie du Prophète (صلى
الله عليه وسلم), des Compagnons et ceux qui les ont suivis avec
perfection. Et cela nous le clarifierons plus tard.

Or ils ont menti sur tous ces points et ont trompé les gens, mais la louange revient à Allah quelle que soit la situation.

J’étais
donc dans une situation qui ressemblait à la situation du très connu
Imâm Abdurrahmân Ibn Battah Al Hâfidh, avec les gens de son époque
lorsqu’il dit :
« Je m’étonnerais toujours des différentes
situations que j’ai vécues durant mes voyages et mes haltes, que ce
soit avec mes proches ou autres, avec ceux qui me connaissent ou non.

En
effet, je me suis rendu compte - que ce soit à la Mecque, dans le
Khurâsân ou en tout autre endroit - que toute personne que je
rencontrais était ou bien une alliée ou une ennemie, qui m’appelaient à
suivre ses dires, à croire ses paroles et à témoigner en sa faveur.

Si
donc je reconnaissais la véracité de ses dires et lui accordais mon
approbation - comme le font les gens aujourd’hui - la personne me
considérait comme un allié. Si par contre, je m’opposais à une seule
lettre de son discours ou à un seul de ses actes, elle me considérait
comme un ennemi.

Si j’affirmais que le Coran et la Sounna était
en contradiction avec une de ses paroles, elle me disait : « Tu es un
Khâridjite ! ». Si je lui lisais un hadith parlant du Tawhîd (Unicité
de Dieu), elle me disait : « Tu es un Mushabbih(Antrop omorphiste) ! ».
Si c’était au sujet de la vision d’Allah (par les croyants au Paradis),
elle me disait : « Tu es un Sâlimî ! ». Si c’était au sujet de la foi
(Imâne), elle me disait : « Tu es un Murdjî ! ». Si c’était au sujet
des actes, elle me disait : « Tu es un Qadarî ! ». Si c’était au sujet
de la connaissance, elle me disait : "Tu es un Karrâmî ! ». Si c’était
au sujet des mérites de Abû Bakr et ’Umar, elle me disait :« Tu es un
Nâsibî ! ». Si c’était au sujet des mérites de la famille du Prophète,
elle me disait : « Tu es un Râfidî ! ». Si je me taisais au sujet de
l’explication d’un verset ou d’un hadith en me contentant de répondre
par leur sens apparent, elle me disait : « Tu es un Dhâhirî !". Si je
répondais d’une autre façon, elle me disait :« Tu es un Bâtinî !". Si
je répondais par un sens métaphorique (Ta’wîl), elle me disait : « Tu
es un Ash’arî ! ». Si je reniais leur sens, elle me disait : « Tu es un
Mu’tazilî ! ». Si c’était au sujet des Sounnas de la prière comme la
lecture du Coran (après la Fâtihah), elle me disait : « Tu es un
Shâfi’i ! ». Si c’était au sujet de l’invocation du Qunût, elle me
disait : « Tu es un Hanafî ! ». Si c’était au sujet du Coran, elle me
disait : « Tu es un Hanbalî ! ». Et si je mentionnais l’avis le plus
juste parmi les différentes opinions - car il n’y a pas de complaisance
au sujet des règles religieuses et du hadith - ces personnes me disent
: tu as rabaissé leur rang élevé. Et plus étonnant encore est que ces
gens - en fonction de ce qu’ils lisent des hadiths du prophète (صلى
الله عليه وسلم) - me cataloguent suivant leurs passions. Et si
j’approuve certains d’entre eux, les autres me considèreront comme
ennemi. Et si je me montre complaisant envers eux tous, je provoquerais
la colère d’Allah - Béni et Elevé soit Il- or ces gens ne me seront
d’aucun secours auprès d’Allah. Bref, je m’agripperai toujours au Coran
et à la Sounna, et je demande pardon à Allah en dehors duquel nul n’est
digne d’être adoré, et Il est le Pardonneur, le Miséricordieux. »

Fin
de citation. Et c’est comme si l’Imâm - qu’Allah lui fasse miséricorde
- avait parlé au nom de tout un chacun. Car il est très rare de trouver
un savant célèbre ou un homme pieux et reconnu sans qu’il n’ait été
accusé de ces choses ou de certaines d’entre elles. Car très souvent
les passions interviennent dans l’opinion de la personne en désaccord.
D’ailleurs la cause principale de la divergence par rapport à la Sounna
est sa méconnaissance et la passion débordante que l’on suit jusqu’à
accuser celui qui s’efforce de suivre la Sounna de ne pas en faire
partie, et de s’acharner sur lui et ses actes jusqu’à l’affilier à ce
que nous avons cité.

Il a d’ailleurs été rapporté du chef des adorateurs - après les Compagnons - Uwaïs El Qarnî qu’il a dit : « L’injonction
du bien et la réprobation du mal ne laissent aucun ami au croyant. Nous
leur enjoignons le bien et les voilà qui insultent notre honneur en
s’aidant pour cela d’alliés parmi les pervers, au point où - par Allah
- je fus accusé de choses immondes. Mais je jure par Allah que je ne
manquerais jamais de clamer la vérité parmi eux.
»[/center]
_________________


Source : Extrait de son ouvrage monumental "Al I’tisâm"
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